« Tu donnes trop »
Tu l'as peut-être entendu de tes amies, ou tu te l'es dit toi-même après une rupture. Tu as été là pour lui. Tu as écouté, soutenu, organisé, pardonné. Et à la fin, tu as l'impression d'être repartie les mains vides.
Alors on te conseille de donner moins. De te faire désirer. De penser un peu plus à toi.
Je vois les choses autrement.
Tu ne donnes pas trop. Tu te protèges trop bien.
Il y a deux façons de donner en amour.
Tu peux donner des choses : ton temps, ton aide, ton attention, ta disponibilité. Ça, souvent, tu sais très bien le faire. Tu es fiable, généreuse, présente.
Et tu peux te donner, toi : ce que tu ressens vraiment, ce dont tu as besoin, ce qui te fait peur. Ça, c'est beaucoup plus difficile. Ça demande de baisser la garde.
Beaucoup de femmes fortes donnent énormément de la première façon, et très peu de la seconde. Elles donnent beaucoup aux autres, et trop rarement à elles-mêmes. De l'extérieur, ça ressemble à « trop donner ». De l'intérieur, c'est une façon de rester protégée.
Pourquoi ça épuise
Donner des choses sans te donner toi, c'est fatigant pour une raison simple : l'autre ne peut pas te rejoindre. Il reçoit ton aide, mais pas toi. Alors il ne peut pas te donner en retour ce dont tu aurais vraiment besoin, puisqu'il ne le connaît pas.
Tu te retrouves entourée, et pourtant seule. Tu as l'impression qu'il manque quelque chose, sans savoir quoi.
Et parfois, sans le dire, tu attends qu'il devine. Qu'il prouve qu'il t'aime assez pour voir ce que tu ne montres pas.
Ce que donner moins ne règle pas
Si tu suis le conseil de donner moins, tu ajoutes une protection de plus. Tu deviens plus distante, plus prudente, plus difficile à atteindre. Tu souffres peut-être un peu moins sur le moment. Mais tu risques de te sentir encore plus seule dans la relation.
Le problème n'a jamais été la quantité de ce que tu donnes. C'est ce que tu gardes pour toi.
Ce qui change quand tu te protèges un peu moins
Tu continues à être généreuse, si c'est ta nature. Mais tu ajoutes quelque chose de nouveau : un peu de toi.
Tu dis « ça m'a blessée » au lieu de « ce n'est pas grave ». Tu acceptes une aide au lieu de répondre que tu te débrouilles. Tu laisses un compliment arriver jusqu'à toi, au lieu de le repousser.
Ça paraît minuscule, et pourtant ça peut te sembler risqué au début. C'est normal : c'est justement là que l'automatisme se défait.
Tu n'as pas à choisir entre ta force et l'amour. Tu peux rester forte, et devenir quelqu'un qu'on peut rejoindre.
Si tu veux voir comment tu te protèges, toi, en particulier, l'article sur les trois formes de l'automatisme amoureux et le quiz sont un bon point de départ.
