Quand tout va bien, et que tu recules
Il t'écrit le matin pour savoir comment tu as dormi. Il se souvient de ce que tu lui as raconté la semaine dernière. Il te dit que tu es belle, un jour où tu ne te trouves pas belle du tout.
Et toi, au lieu de te sentir bien, tu te sens un peu à l'étroit. Tu réponds par une blague. Tu te demandes ce qu'il attend. Une petite voix te dit : « Il finira bien par voir. »
Être aimée, se laisser aimer
Être aimée, ça dépend en partie de l'autre. Se laisser aimer, ça dépend de toi : laisser ce qu'il te donne arriver jusqu'à toi, sans le repousser, le vérifier ou le rendre aussitôt.
Beaucoup de femmes fortes savent très bien aimer. Elles donnent, elles soutiennent, elles sont fidèles. C'est l'autre sens qui coince.
Pourquoi c'est si difficile
Se laisser aimer, c'est accepter de ne pas tout contrôler. Tu ne sais pas combien de temps ça va durer. Tu ne sais pas s'il pense vraiment ce qu'il dit. Et si tu y crois, tu as quelque chose à perdre.
Alors une partie de toi préfère garder un peu de distance. Tu minimises le compliment. Tu te demandes ce qu'il y a derrière le cadeau. Tu restes prête à partir, au cas où.
Ce sont les trois formes de l'automatisme amoureux : tu retiens, tu attends la preuve, tu gardes la main. Elles ont en commun de te protéger d'une déception, et de t'empêcher de recevoir.
Le sentiment de ne pas être assez
Souvent, derrière cette difficulté, il y a un sentiment ancien : celui de ne pas être tout à fait assez. Si tu crois, quelque part, qu'il finira par voir ce qui manque, son amour te paraît fragile. Mieux vaut ne pas trop s'y appuyer.
Ce sentiment ne dit pas la vérité sur toi. Il dit comment tu as appris à te voir. J'en parle dans l'article sur le sentiment de « pas assez ».
Ce qui peut changer
Se laisser aimer ne se décide pas d'un coup. Ça s'apprend dans de petits moments.
Un compliment, tu le prends, au lieu de le repousser. Un geste de soin, tu le laisses exister quelques secondes avant de chercher à le rendre. Une attention, tu la remarques, et tu dis simplement que ça te fait du bien.
Et tu regardes ce qui se passe ensuite. Souvent, rien de grave. Parfois, quelque chose de très doux.
